On vient de recevoir sa lettre de licenciement, ou le CDD se termine dans trois semaines, et la première question tombe : combien de temps va-t-on toucher l’allocation chômage ? La réponse dépend de l’âge, du motif de rupture et, depuis peu, d’un coefficient lié à la conjoncture. Voici ce qu’il faut retenir pour anticiper sa durée d’indemnisation en 2025-2026.
Rupture conventionnelle et durée d’indemnisation : le changement de septembre 2026
C’est le point que la plupart des guides ne détaillent pas encore. La loi n° 2026-470 du 11 juin 2026 crée un régime de durée spécifique pour la rupture conventionnelle individuelle. À compter du 1er septembre 2026, les plafonds d’indemnisation après une rupture conventionnelle passent à 15 mois pour les moins de 55 ans et à 20,5 mois pour les 55 ans et plus.
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Tous les autres motifs de fin de contrat (licenciement, fin de CDD, fin de mission d’intérim) continuent de relever des plafonds plus élevés fixés par la convention en vigueur depuis 2025. On se retrouve donc avec deux grilles de durée selon le motif de rupture, ce qui n’existait pas avant.
En pratique, un salarié de 45 ans qui négocie une rupture conventionnelle après septembre 2026 sera indemnisé jusqu’à 15 mois, là où un licencié du même âge, avec la même ancienneté, pourra aller jusqu’à 18 mois. Avant de signer, on a intérêt à poser le calcul.
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Durée d’assurance chômage selon l’âge : les seuils après avril 2025
La réforme du 1er avril 2025 a décalé vers le haut les bornes d’âge qui ouvrent droit aux durées les plus longues. Les plafonds qui étaient accessibles dès 55 ans ne le sont plus qu’à partir de 57 ans. Concrètement, un demandeur d’emploi de 56 ans perd plusieurs mois d’indemnisation potentielle par rapport aux règles précédentes.
Les trois tranches d’âge à connaître
- Moins de 53 ans : la durée maximale théorique reste à 18 mois (hors modulation conjoncturelle), à condition d’avoir travaillé suffisamment longtemps sur la période de référence de 24 mois.
- De 53 à 56 ans : le plafond peut monter plus haut, mais il a été resserré par rapport à l’ancien seuil de 55 ans. Les retours varient sur ce point selon les situations individuelles, et France Travail reste le seul interlocuteur fiable pour un calcul personnalisé.
- 57 ans et plus : c’est désormais le seuil pour accéder aux durées les plus longues (jusqu’à 27 mois selon l’affiliation), là où 55 ans suffisait auparavant.
Le calcul de la durée repose sur le nombre de jours calendaires entre le premier et le dernier contrat identifié dans la période de référence (24 ou 36 mois selon l’âge). Les jours non travaillés entre deux contrats sont aussi comptabilisés, ce qui peut surprendre.
Coefficient de conjoncture : quand la durée affichée n’est pas la durée réelle
Depuis 2023, un mécanisme de modulation conjoncturelle peut réduire la durée d’indemnisation de 25 %. Quand le marché de l’emploi est jugé favorable (période dite « verte »), la durée maximale effective tombe à 75 % du plafond théorique. Pour un plafond de 18 mois, on passe à 13,5 mois.
Ce coefficient n’est pas définitif. En période de conjoncture dégradée (période « rouge »), un complément de fin de droits (CFD) peut prolonger l’indemnisation au-delà de la durée réduite, jusqu’à 24 mois pour les moins de 55 ans. Il existe donc un écart réel entre la durée maximale affichée et la durée effectivement possible.
Comment savoir dans quelle période on se trouve
La couleur de la période (verte ou rouge) est fixée par décret en fonction d’indicateurs du marché du travail. France Travail notifie la durée applicable au moment de l’ouverture des droits. On ne choisit pas, et on ne peut pas anticiper longtemps à l’avance. Le conseil : ne pas bâtir un plan financier uniquement sur la durée maximale théorique.

Affiliation minimale et droits rechargeables : les pièges concrets
Pour ouvrir un droit à l’ARE, il faut justifier d’une durée minimale d’affiliation : au moins 6 mois de travail (soit 130 jours ou 910 heures) sur les 24 derniers mois (36 mois pour les 53 ans et plus). En dessous, pas d’allocation, quel que soit le motif de rupture.
Les droits rechargeables permettent de prolonger ou de rouvrir une indemnisation si on retravaille pendant une période d’allocation. Pour en bénéficier, il faut avoir accumulé au moins 6 mois de travail depuis la dernière ouverture de droits. Le rechargement recalcule alors une nouvelle durée, basée sur la période travaillée.
- On peut cumuler allocation et salaire partiel, mais le montant est ajusté chaque mois en fonction des revenus déclarés.
- L’inscription à France Travail doit intervenir dans un délai de 12 mois après la fin du contrat, sinon le droit peut être perdu.
- Les périodes de formation validées par France Travail comptent dans le maintien des droits, mais pas dans le rechargement.
Outre-mer : des plafonds spécifiques depuis 2026
La loi de juin 2026 introduit aussi des plafonds d’indemnisation propres aux territoires ultramarins (hors Mayotte, qui relève d’un régime distinct). Les durées maximales y sont ajustées pour tenir compte des spécificités du marché de l’emploi local. Si on travaille en Guadeloupe, en Martinique ou à La Réunion, les règles ne sont plus strictement identiques à celles de la métropole.
Le régime d’assurance chômage a beaucoup bougé entre 2023 et 2026, avec des bornes d’âge relevées, un coefficient conjoncturel qui modifie la durée réelle et, depuis septembre 2026, un traitement différencié de la rupture conventionnelle. Avant toute décision, la simulation sur l’espace personnel France Travail reste le moyen le plus fiable de connaître sa durée d’indemnisation exacte.

