Comment commencer à préparer sa retraite ?

Préparer sa retraite consiste à réduire l’écart entre ses revenus d’activité et la pension que versera le système obligatoire. Cet écart, appelé taux de remplacement, varie selon le régime, la durée de cotisation et le salaire de référence. Plus la démarche commence tôt, plus les leviers disponibles sont nombreux, y compris pour des profils qui ne sont pas encore en poste.

Relevé de carrière et simulation de pension : le socle avant toute décision

Aucune stratégie d’épargne retraite ne tient la route sans un diagnostic fiable de sa situation dans le système obligatoire. Le point de départ, c’est le relevé de carrière, consultable à tout moment sur le site Info Retraite, qui regroupe les données de tous les régimes auxquels vous avez cotisé.

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Ce relevé recense chaque trimestre validé, chaque employeur, chaque période assimilée (chômage, maladie, maternité). Les erreurs y sont fréquentes : un emploi saisonnier non reporté, un stage cotisé oublié, une période à l’étranger mal prise en compte. Demander une correction prend du temps, parfois plusieurs mois. Vérifier son relevé dès la trentaine évite de découvrir un trou de cotisation à quelques années du départ.

Une fois le relevé fiable, le simulateur en ligne du compte retraite permet d’obtenir une estimation de sa future pension selon différents scénarios : départ à l’âge légal, poursuite d’activité, temps partiel en fin de carrière. Cette projection reste indicative, mais elle donne un ordre de grandeur du montant mensuel à compléter par de l’épargne personnelle.

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Homme de 60 ans en consultation avec un conseiller financier pour préparer sa retraite

Plan d’épargne retraite (PER) : un cadre fiscal ouvert à tous depuis 2024

Le PER individuel est le principal véhicule d’épargne dédié à la retraite. Depuis le 1er janvier 2024, toute personne d’au moins 18 ans peut en ouvrir un, sans condition d’activité professionnelle. Un étudiant, un demandeur d’emploi ou un conjoint sans revenus propres y a désormais accès.

Le mécanisme fiscal est simple : les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel. Le capital accumulé reste bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi (achat de résidence principale, invalidité, décès du conjoint, fin de droits au chômage).

Ce que le PER change concrètement dans une stratégie d’épargne

La déduction fiscale à l’entrée rend le PER d’autant plus avantageux que la tranche marginale d’imposition est élevée. Pour une personne imposée à un taux modéré, l’avantage fiscal est moins marqué, et d’autres supports (assurance vie, immobilier) peuvent offrir un meilleur rendement net sur longue période.

Le choix entre sortie en capital ou en rente viagère se fait au moment du départ à la retraite. La sortie en capital est souvent privilégiée, mais la rente garantit un revenu à vie, ce qui protège contre le risque de longévité. La bonne option dépend du patrimoine global, des charges fixes et de la présence ou non d’autres sources de revenus.

  • Vérifier chaque année le plafond de déduction disponible (indiqué sur l’avis d’imposition, rubrique « plafond épargne retraite »)
  • Comparer les frais de gestion entre les PER bancaires et les PER assurance, qui varient fortement d’un établissement à l’autre
  • Adapter la répartition entre fonds en euros et unités de compte selon l’horizon de placement : plus le départ est lointain, plus la part investie en actions peut être élevée

Assurance vie et immobilier : compléments au PER, pas substituts

Le PER n’est pas le seul outil. L’assurance vie reste le placement préféré des Français pour une raison pratique : le capital reste disponible à tout moment, contrairement au PER. Après huit ans de détention, la fiscalité sur les gains devient avantageuse.

Pour préparer sa retraite, l’assurance vie sert de réserve de liquidités accessible en cas de besoin avant l’âge de départ. Elle complète le PER sans le remplacer, parce qu’elle ne bénéficie pas de la déduction fiscale à l’entrée.

Investissement locatif : revenus réguliers mais contraintes lourdes

L’immobilier locatif génère des revenus complémentaires à la retraite, à condition d’avoir remboursé le crédit avant le départ. Un bien acheté à 35 ans avec un crédit sur 20 ans produit des loyers nets à partir de 55 ans. Le calcul paraît séduisant, mais il suppose une gestion active : vacance locative, travaux, fiscalité des revenus fonciers.

Un bien immobilier n’est pertinent que si l’effort d’épargne mensuel reste soutenable sans compromettre la constitution d’une épargne financière liquide. Concentrer toute sa préparation retraite sur un seul actif immobilier expose à un risque de concentration.

Couple de la cinquantaine consultant une brochure sur l'épargne retraite dans un parc en automne

Cumul emploi-retraite : de nouveaux droits depuis septembre 2023

La réforme des retraites entrée en vigueur le 1er septembre 2023 a modifié une règle qui pénalisait les retraités actifs. Depuis cette date, un retraité qui reprend une activité professionnelle dans le cadre du cumul emploi-retraite peut acquérir de nouveaux droits à pension. Ces cotisations ouvrent droit à une retraite supplémentaire, calculée sur la base de la nouvelle période travaillée.

Cette disposition concerne les personnes dont le départ à la retraite intervient après le 1er septembre 2023. Celles qui étaient déjà en cumul avant cette date continuent à cotiser sans générer de droits supplémentaires.

Pour les actifs en milieu de carrière, cette évolution change la perspective : prolonger son activité quelques années au-delà de l’âge légal ne se résume plus à percevoir un salaire, cela améliore aussi la pension future. L’arbitrage entre départ anticipé et maintien en activité gagne en complexité, mais aussi en intérêt financier.

Revalorisation des pensions : ce qui s’applique en 2026

Au 1er janvier 2026, les retraites de base ont été revalorisées de 0,9 %, un niveau aligné sur l’inflation anticipée par l’Insee. Cette revalorisation a été confirmée après l’abandon du gel initialement envisagé dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale.

La retraite complémentaire Agirc-Arrco, elle, n’a pas bénéficié de revalorisation faute d’accord entre partenaires sociaux. Pour les salariés du secteur privé, la complémentaire représente une part significative de la pension totale. Un gel prolongé érode le pouvoir d’achat réel des retraités.

Cette divergence entre base et complémentaire illustre un point souvent négligé : la pension de retraite n’est pas un montant figé. Elle évolue chaque année selon des décisions politiques et paritaires distinctes. Intégrer cette incertitude dans sa planification, c’est prévoir une marge d’épargne personnelle suffisante pour absorber les années où la revalorisation ne suit pas l’inflation réelle.

Commencer à préparer sa retraite revient à poser trois actions concrètes : vérifier son relevé de carrière, ouvrir un support d’épargne adapté à son horizon, et suivre chaque année l’évolution de ses droits. Le reste, ajustements d’allocation, arbitrages fiscaux, choix entre capital et rente, découle de ce socle.

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